Formation, reconversion, début d’activité : mes réponses à vos questions sur le métier de décoratrice d’intérieur 

 

Depuis que j’ai lancé mon compte Instagram et mon site Internet, le nombre de demandes concernant le métier de décoratrice d’intérieur, mon parcours, mon quotidien, etc. ne cesse d’augmenter.
Je comprends la démarche et je ne souhaite laisser personnes sans réponse. Mais malheureusement, il est devenu difficile pour moi de répondre à tout le monde (j’ai parfois 5-6 demandes par jour !).
D’autant plus qu’il faut comprendre que quand je prends du temps pour répondre à toutes ces questions, c’est autant de temps que je perds sur des projets, de la prospection, de la communication ou tout autre tâche nécessaire au développement de mon activité.

J’ai donc décidé de rédiger un nouvel article qui essaiera de répondre point par point aux questions qu’on me pose chaque jour.
J’espère qu’il vous sera utile autant qu’il l’aurait été pour moi avant que je me lance.
Je mettrais cet article à jour régulièrement s’il le faut. 

Ma vie d’avant et ma formation de décoratrice d’intérieur 

 

J’ai déjà rédigé un article à ce sujet ici. N’hésitez pas à le consulter pour connaître mon parcours, ma formation et mon avis sur la formation que j’ai choisie. Je ne cite pas l’organisme que j’ai intégré volontairement parce que mon avis n’est pas complètement positif. Mais sachez qu’il s’agit d’un des organismes qui sort à chaque fois qu’on fait une recherche sur les formations à distance en décoration d’intérieur 😉 

J’apporte toutefois un petit complément d’information à cet article :

  • la formation que j’ai choisie n’a pas été prise en charge par Pôle Emploi. Les frais d’inscription m’ont coûté environ 2 000 euros, sans option et sans compter tout le matériel nécessaire à la bonne réalisation de cette formation. 
  • je ne savais pas dessiner avant de faire cette formation. J’ai passé du temps à apprendre le dessin de perspective, la mise en couleur et le travail des ombres et matières. J’ai pris 3h de cours complémentaires avec un professeur particulier à la fin de la formation. 

Lancement de mon activité de décoratrice d’intérieur

 

Est-ce que j’ai eu peur de me lancer ? 

Cette question revient souvent ! La réponse est oui… mais non !
Oui parce que je me lançais dans un inconnu total, avec un léger syndrome de l’imposteur qui me faisait poser beaucoup de questions. Est-ce que j’étais légitime avec une simple formation à distance comme bagage ? Mon goût pour la déco justifiait-il vraiment que je quitte mon job pour essayer d’en faire un métier ? Est-ce que j’avais suffisamment de connaissances au-delà de la déco pure (les chantiers, l’administratif, la relation client) pour me lancer comme décoratrice d’intérieur ?
Et non, parce que j’étais arrivée à un moment de ma carrière en agence de communication où j’avais besoin de passer à autre chose. Donc dans tous les cas, il fallait que j’ai une porte de sortie.
J’ai eu la chance de quitter mon emploi avec une rupture conventionnelle (et donc un chômage), ce qui m’a beaucoup aidée à me lancer sereinement. Je ne l’aurais clairement pas fait si j’avais dû démissionner. Je pense que j’aurais essayé de me lancer en parallèle de mon boulot, pour finir par le quitter uniquement au moment où mon activité serait devenue viable. Mais je suis consciente que ça peut durer des années. 

Quel statut j’ai choisi et pourquoi ?

Pour être honnête, je ne me suis pas posé mille questions au moment de choisir un statut. Je savais que le statut d’auto-entrepreneur était celui qui était le plus adapté à mes choix : simplicité de création, peu de charges, démarches simplifiées.
Au bout de 8 mois d’exercice, je confirme que ce statut est adapté à mon lancement d’activité. Je n’exclus cependant pas d’en changer d’ici quelque temps, si mes affaires tournent bien !

Est-ce que je vis de mon métier ?

Cette question est difficile mais vous êtes nombreux à me la poser alors je vais tacher d’y répondre.
Je considère que mon activité de décoratrice d’intérieur a réellement débutée au mois de mai. Sachant que je demande à mes clients de me verser un acompte d’un certain pourcentage puis le solde à la validation du projet (dans la majeur partie des cas), et sachant qu’un projet peut mettre entre 2 mois et 1 an (voire plus) à se concrétiser… J’ai envie de répondre à cette question : oui et non (vous les aimez mes réponses de Normands ? ;))
Oui parce que j’ai des aides de Pôle Emploi, et aussi parce que depuis le mois de mai j’ai rentré une vingtaine de missions.
Non parce que je n’ai pas l’ancienneté nécessaire et que je vis donc majoritairement sur les acomptes pour l’instant. Vous me suivez ?
En gros je suis dans mes objectifs, je sais d’avance que l’année prochaine sera plutôt bonne, mais pour que je puisse en vivre pleinement il faut que mes missions se terminent et qu’un roulement entre acomptes et soldes se crée. Que je me crée une trésorerie en quelques sortes.  

D’où viennent mes clients ? Comment ai-je trouvé les premiers ? 

Je ne vais rien vous cacher : au début, avec un compte Instagram tout neuf (et donc sans visibilité), un site Internet très mal référencé et aucun projet à montrer… c’est compliqué !
En plus de développer ces outils, il faut compter sur le bouche à oreille et le réseau.
Pour ma part j’ai eu de la chance, mon tout premier client était un ancien collègue de travail. Ça avait un côté à la fois rassurant et très stressant, mais au moins ça m’a permis de lancer la machine. 

La communication : 

Il n’y a pas de secret, si on veut être contacté, il faut communiquer et se faire connaître.
J’en ai donc beaucoup parlé autour de moi, je me suis inscrite dans des groupes Facebook de ma région où les recommandations jouent beaucoup, j’ai développé au maximum ma communication sur les réseaux sociaux, je me suis créé une identité visuelle, un site… Mais je n’ai pas fait de démarchage. Les clients sont arrivés naturellement.
Et pour la petite histoire, si vous remontez loin (très loin) sur mon compte Instagram, sachez que certains projets que je montre sont… faux ! Mea culpa… Mais quand on n’a pas de projet, qu’on a du temps et qu’on veut montrer ce qu’on sait faire, le meilleur moyen ça reste encore de les imaginer. J’ai donc fait beaucoup de dessins, de planches d’ambiance et de 3D sur des projets imaginaires… et il faut croire que ça a fonctionné puisque j’ai été contactée par la suite ! Maintenant, rassurez-vous, tout est réel ! Je n’ai plus le temps d’inventer des projets, et tant mieux !
J’ai également beaucoup parlé de mon appartement, qui a été mon terrain de jeu et ma vitrine au moment de me lancer (et encore maintenant aussi).

Les artisans :

J’ai eu la chance d’avoir très vite un projet avec la gestion des appels d’offres pour une rénovation totale. Cette mission m’a permis de me créer un sacré carnet d’adresses d’artisans en tout genre sur la région lyonnaise. Maintenant qu’on se connaît et qu’on sait comment chacun travaille, certains n’hésitent pas à me recommander dès qu’ils en ont l’occasion.  

Après 8 mois de lancement d’activité, mes projets viennent désormais de sources assez variées : les recommandations, mes connaissances, Instagram et via mon site qui est de mieux en mieux référencé. J’ai également créé des comptes sur des médias en ligne comme Houzz ou Côté Maison qui sont très bien référencés et apportent un bon trafic. 

Combien de temps faut-il pour se faire connaître ? 

Pour ma part ça a été progressif. Une fois ma première mission réalisée, j’ai été vite contactée et les projets se sont lancés. Je ne pense pas faire partie des décoratrices “connues”, mais j’ai mon petit réseau qui fait que ça marche et ça me va très bien comme ça !

Quel investissement financier et matériel ?

On peut lancer son activité de décoratrice à moindre coût.
Mes principales dépenses à mon lancement ont été : 

  • mon site web : j’ai beaucoup travaillé dessus pour limiter mes dépenses, il m’a coûté au total 150 euros de main d’oeuvre et 100 euros pour le nom de domaine et l’hébergement
  • une assurance professionnelle : environ 150 euros
  • l’achat de matériel (cartouches, feutres, papier, etc.) : environ 60 euros tous les 3 mois

Au cours de ma formation, j’avais investi dans une imprimante A3, une planche à dessin dont je ne me sers plus du tout, une tablette lumineuse qui me sert quand je réalise plusieurs dessins d’une même vue, et beaucoup de feutres à alcool et autres crayons/stylos. 

Mon quotidien de décoratrice d’intérieur 

 

Me voilà donc officiellement lancée depuis un peu moins d’un an. Je pense avoir encore énormément de choses à apprendre et peu de leçons à donner, mais si je peux répondre à vos interrogations sur le quotidien d’une décoratrice d’intérieur, alors tant mieux. Alors on continue ? 

Combien de clients peut-on gérer à la fois ? 

J’ai beaucoup de dossiers ouverts en même temps, de projets en cours si vous préférez. Mais certains sont dans les mains des clients et j’attends qu’ils reviennent vers moi, ce qui me permet d’avancer sur d’autres. Ils n’ont pas tous la même ampleur, certains étant des coaching déco, d’autres des rénovations totales. Donc si j’ai disons 8 dossiers en cours, je ne travaillerai peut-être que sur 4 en simultané.
Ces volumes sont donnés un peu au hasard, il est difficile de donner une tendance au bout de quelques mois d’activité !

Quels logiciels utilisés ?

J’utilise quotidiennement Sketchup et Photoshop pour mes projets. 

A quoi ressemble une journée type ?

Il n’y a clairement pas de journée type quand on est décoratrice d’intérieur. Mais si je devais essayer de résumer mes tâches sur une journée :

  • je commence chaque matin (douchée et habillée, je tiens à le préciser ;)) vers 8h45. J’ouvre mon agenda et fais le point sur ma journée. J’ai pris l’habitude dans mes précédents jobs de réserver chaque fin de semaine des plages horaires entières de travail sur tel ou tel projet pour la semaine qui suit. Ce qui fait qu’en ouvrant mon agenda le lundi matin, je sais exactement ce que j’ai à faire pour toute la semaine, même si c’est amené à évoluer. 
  • j’enchaîne donc la matinée sur mes projets en cours : planches d’ambiance, 3D, dessins de perspective, shopping-list… J’avance au mieux pour respecter les délais annoncés à mes clients. 
  • une fois la matinée terminée, je prends une pause déjeuner de 45 minutes-1h, que je passe souvent devant un replay de La Maison France 5 (qui a dit qu’il fallait décrocher ? ;)).
  • ensuite, j’attaque l’après-midi avec un rendez vous : un client, un prospect, un artisan, un revendeur, un suivi de chantier… J’ai en moyenne une dizaine de rendez-vous à l’extérieur par semaine (parfois beaucoup plus !). 
  • retour au bureau, j’ouvre mon compte Instagram et je publie un post sur un projet, une photo, un dessin… Puis je fais le point sur mon site web, les articles en cours, ceux à publier ou à rédiger. Je passe en moyenne 5-6h par semaine à la gestion de mon site et de ma communication. 
  • en milieu de journée, je reprends mes dossiers là où je les ai laissés et j’avance (c’est quand même le coeur de mon activité, mes clients sont ma priorité !)
  • si j’ai des devis à faire, je les place en toute fin de journée, une fois que j’ai terminé de travailler sur mes projets. 
  • je termine ensuite par répondre à mes mails et aux messages que je reçois sur Instagram. 
  • ma journée se termine aux alentours de 19h30 quand tout se passe bien. Je travaille souvent le samedi aussi, sur des choses un peu plus légères ou quand mes clients ne peuvent pas se libérer en semaine. 

Combien d’heures je travaille par semaine ? 

Impossible de répondre à cette question ! Je ne compte pas mes heures, notamment parce que j’adore ce que je fais. Donc je n’ai pas vraiment l’impression de travailler, dans le sens d’effectuer une tâche laborieuse qui me donne envie d’être vite à la fin de la journée. Ça ne veut pas dire que je suis corvéable à merci, j’ai aussi mes moments où j’ai besoin de couper avec la déco ! Mais dans l’ensemble je ne vois pas le temps passer.
Je profite pleinement d’être mon propre patron pour m’octroyer des moments off en pleine semaine si j’en ai besoin, tout comme je vais travailler le week-end s’il le faut.

Y a-t-il beaucoup d’administratif à gérer ? 

Non, pas tant.
J’ai trouvé que les débuts étaient un peu compliqués, on apprend des mots nouveaux quand on crée son statut d’auto-entrepreneur, on doit faire des choix dont on ne connaît pas l’impact (déclaration mensuelle ou trimestrielle, versement libératoire, tout ça…). Mais une fois que tout est réglé, je trouve ça plutôt simple.
Je déclare mon chiffre d’affaires tous les mois, je paye mes charges dans la foulée et c’est réglé. Comme j’en suis à ma première année, je n’ai pas encore eu affaire à la CFE ou ce genre de choses. 

Mes clients sont-ils uniquement dans ma région ? 

Non, j’ai des clients aussi en-dehors de Lyon ! On a la chance d’avoir beaucoup d’outils à disposition pour faire des coachings déco à distance. La seule condition pour que ça fonctionne, c’est que mes clients aient un plan coté à m’envoyer. Ça n’est malheureusement pas toujours le cas et en fonction des projets, c’est parfois compliqué. 

Comment trouver des artisans quand on ne connaît personne ?

J’ai été confrontée à la recherche d’artisans très tôt. D’une part pour les travaux de mon propre appartement, ce qui m’a permis de les tester en direct ! Et d’autre part pour ce fameux chantier dont je vous parlais plus haut.
Pour les trouver, j’ai fait appel à mon réseau. J’ai commencé par mes proches, des anciens collègues, de la famille. J’ai fait des recherches sur Internet en consultant les avis clients. Et j’ai demandé à des artisans de me recommander d’autres corps de métier.
A présent, j’ai un carnet d’adresses bien rempli me permettant de jongler entre plusieurs entreprises en fonction de leurs compétences et disponibilités. 

Le mot de la fin 

 

Si vous réfléchissez à vous reconvertir et à faire une formation de décoratrice d’intérieur et que j’ai un conseil à vous donner, c’est de bien réfléchir à votre réelle envie d’en faire votre métier. Une formation à distance, c’est un peu comme une salle de sport : il y a beaucoup d’inscrits qui n’y mettent pas un pied. Dans ces organismes, personne ne sera derrière vous si vous prenez du retard ou si vous lâchez. Vous ne pouvez donc compter que sur votre motivation. 

Et de la motivation il en faut pour se lancer seul.e à son compte sur un nouveau métier ! Il y aura des moments de doute, d’allégresse, de déception.. mais ça reste une sacrée expérience et pour ma part, je ne la regretterai pour rien au monde ! 

J’espère avoir répondu à l’ensemble de vos questions ! Cet article sera mis à jour régulièrement si d’autres questions arrivent.